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LES BLEUS, PREMIERS PAS DANS LA POLICE : Vengeance des fils de l’Or du vent

LES BLEUS, PREMIERS PAS DANS LA POLICE : Vengeance des fils de l’Or du vent
Les Bleus, premiers pas dans la police. Série-feuilleton. Dramédie policière. France.
35 épisodes dont un pilote de 90 mn et 34 épisodes de 52 mn (4 saisons).
Première diffusion du 8 février 2006 au 16 octobre 2010 sur M6.
Créé par Stéphane Giusti, Alain Robillard, Alain Tasma
Avec Élodie Yung, Mhamed Arezki, Nicolas Gob, Gabrièle Valensi, Raphaël Lenglet, Antoine Hamel, Gina Djemba, Lizzie Brocheré, Luc Thuillier, Jean-Michel Fête, Patrick Catalifo, Clémentine Célarié.

 

Classification : 3 étoiles

Regardé par le rédacteur : Intégrale.

 

La vie d’un commissariat parisien se trouve perturbée par l’arrivée de cinq jeunes bleus dont l’inexpérience et l’insolence agacent leurs supérieurs. Entre l’envie de bien faire et leur idéalisme, ils accumulent les bévues mais finissent bon an, mal an par boucler leurs enquêtes.

 

Pourquoi voir avec plaisir
Les Bleus, premiers pas dans la police ?

 

Une entrée fracassante

Nous faisons connaissance avec nos cinq nouvelles recrues au moment où elles pénètrent dans les locaux du commissariat. Lyes Beloumi réussit l’entrée la plus iconoclaste. Équipé d’une mallette et d’un costume de banquier, il se dirige d’un pas confiant vers les deux policiers de faction, leur serre la main et leur délivre un baratin digne d’un rapport de l’administration dans lequel il décline son identité et son grade. Il termine en se réjouissant d’avoir rencontré ces deux nouveaux collègues qui n’en peuvent plus de contenir leurs rires.

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Les Bleus, premiers pas dans la police est un exercice assez rare à la télévision française. Mélanger les genres n’a jamais été bien vu des décideurs qui préfèrent mettre à l’antenne des fictions très identifiables permettant de cibler un public précis. Or Les Bleus oscille en permanence entre l’humour et la gravité, une gymnastique couramment pratiquée par les Anglo-Saxons et pour laquelle ils ont même inventé un mot, dramedy, contraction des mots drama et comedy. On ne citera que trois exemples particulièrement réussi : Mash, Hill Street Blues et le récent The Newsroom.

 

Une armée de bras cassés

Au début de la deuxième saison, le capitaine Franchard, qui se coltine les cinq énergumènes depuis déjà de longs mois, présente les Bleus à la nouvelle commissaire, Nicole Mercier. En quelques mots, il lui résume la situation. Au sujet de Nadia Poulain, mère de famille qui ne supporte plus son mari, il indique qu’elle « sort de taule ». Il est vrai qu’elle vient d’être impliquée dans un accident de la circulation. Il pourrait ajouter qu’à l’heure de sortie de l’école, elle interrompt ses interrogatoires pour aller chercher son fils. Puis, il décrit Laura Maurier comme quelqu’un « qui réfléchit avec son arme de service ». Pour Kévin Laporte, adepte de musculation pour qui la violence engendre la violence, il explique qu’il est « une espèce de mélange entre le Dalaï Lama et Rambo ». Son préféré, il le garde pour la fin. Il s’agit d’Alex Moreno, ex-petit voleur des cités : « Quant à lui, il s’est trompé de porte quand il est rentré dans la police. En revanche, si vous avez besoin d’un GPS ou d’un bel écran plasma, y’a pas de problème. » Ce à quoi Alex ajoute à l’intention de Mercier : « En ce moment, j’ai surtout de l’halogène… si vous avez besoin pour votre bureau, vu qu’il est un peu sombre. »

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Voilà donc en quelques mots la commissaire Mercier mise au parfum. Elle ignore encore qu’elle n’est pas au bout de ses surprises. Le commissaire précédent, Santamaria, n’a sans doute pas osé lui dresser un tableau trop précis. En multipliant les bourdes (un gardé à vue s’échappe car sa cellule est restée ouverte) et les catastrophes (Laura tire des coups de feu qui font échouer une filature de plusieurs mois), elle n’aura pas le temps de s’ennuyer. Nous non plus.

 

Atmosphère, atmosphère

On rit franchement devant Les Bleus. Les dialogues très travaillés regorgent de bons mots. On ne peut résister à en citer quelques-uns. Quand Alex fait une blague pour, dit-il, « détendre l’atmosphère », le capitaine Duval lui lance : « Tu lui fous la paix à l’atmosphère. On a assez d’emmerdes avec la couche d’ozone. » Kévin à Amy (une Bleue arrivée en saison 3) qui a été séquestrée et droguée : « Ils t’ont fait le shoot du siècle. Façon Amy Whinehouse. Un litre de bière en plus et tu montais sur scène. » « Casse toi pauv’ con » se trouve être le mot de passe pour entrer dans une maison close mise sur pied par des étudiants. Et quand Duval fait remarquer à Alex que « Besoin, ça s’écrit pas avec un Z » et qu’Alex répond « Ça dépend », il l’exécute d’un cinglant « Non, ça dépend pas ! »

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Ce qui est juste

Il ne faudrait pas croire que l’humour est pratiqué au détriment des scénarios. Les intrigues policières sont soignées. Fidèles à l’esprit de la série, elles commencent par un gag pour déboucher sur une affaire de grande ampleur, comme celle où une dame bien mise vient signaler la disparition de son mari (« il a une tache noire sur la queue et il me lèche partout ») avant que les Bleus comprennent qu’elle parle de son chien. Lancés sur la piste du toutou, ils vont mettre au jour un trafic de combats de chiens dirigé par des truands extrêmement dangereux. Les histoires ont une dimension sociale évidente lorsqu’elles s’intéressent à un caïd des cités qui fait régner la terreur là où habite la famille de Lyes ou quand un père de famille qui vient d’être expulsé de son logement avec femme et enfant braque une superette dont il prend les clients et le personnel en otage.

De même, la traque d’un insaisissable tueur en série est un temps fort de la saison 3. Enfin, de nombreux épisodes se terminent sur un cliffhanger qui n’a rien à envier aux meilleures séries anglo-saxonnes. L’intérêt des Bleus n’est pas de copier les recettes des séries à succès, mais bien de les utiliser à bon escient en les adaptant à notre culture télévisuelle. Les Bleus est sans conteste une production française qui s’assume et qui, parce qu’elle a pris le parti d’éviter d’être prétentieuse, atteint son but : divertir intelligemment tout en pointant le doigt vers quelques vérités sur l’état de la société. Le métier de flic est, lui aussi, souvent discuté, et notamment le manque de moyens, la politique du chiffre et l’absence totale de reconnaissance des supérieurs et du public.

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Peu importe que certains écarts scénaristiques ressemblent plus à des boutades qu’à de véritables résolutions d’énigmes car, dans l’univers que s’est créé la série, tout cela est très cohérent. On en veut pour preuve l’idéalisme des jeunes recrues qui les pousse à braver leurs chefs et à désobéir aux ordres pour faire ce qui est juste plutôt que ce qui est légal. Mais grâce à quoi réussissent-ils à éviter sanctions et mises à pied ? À l’imagination des scénaristes pour qui c’est un jeu de les confronter à la colère de leur hiérarchie et d’imaginer un retournement de situation qui leur sauve la mise.

 

Motel de police

En quatre saisons, Les Bleus permet de développer des personnages attachants, en grande partie grâce aux excellents comédiens qui les incarnent. Les capitaines Franchard et Duval, qui chapeautent notre armée de bras cassés, ne sont pas les brutes obtuses qu’ils paraissent. Le premier est à la recherche de l’amour tandis que le second a trouvé dans l’écoute des grands opéras le seul moyen de se prémunir contre la violence qu’il côtoie quotidiennement. Du côté des Bleus, Kévin, le grand gaillard, s’ingénie à garder secrète son homosexualité, tout comme sa liaison avec Yann, flic de la Bac, véritable fil rouge de la série. Alex, qui voit le monde à travers le prisme de son univers personnel composé de films de baston, de foot et de belles caisses, est un garçon au grand cœur qui prend toujours la défense de la veuve et de l’orphelin.

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Laura, qui cache à sa mère qu’elle est entrée dans la police, peut-être dans l’espoir de suivre les traces de son père qu’elle ne connaît pas, s’accroche si souvent avec le commissaire Santamaria qu’il doit bien y avoir une raison. Christophe Lecomte, lui, s’est engagé pour faire plaisir à son envahissante mère, haut-gradée dans la hiérarchie policière. Maladroit, il est un génie de l’informatique et pratique la taxidermie. Une mère castratrice et un passe-temps consistant à empailler des animaux, il ne manque plus qu’un motel pour que la référence à Norman Bates soit complète. Si tout se combine aussi merveilleusement dans Les Bleus , c’est que l’alchimie entre les personnages fonctionne. On suit avec intérêt leur parcours, on anticipe leurs bévues, on s’inquiète de la tournure que prennent leurs relations amoureuses.

 

On kiffe Les Bleus

La série s’adresse à tous les publics et elle le fait en rendant hommage à une télévision qui a disparu. Même si l’âge moyen de nos héros est plus proche de la vingtaine que de la cinquantaine, c’est avec grand plaisir que l’on retrouve des acteurs qui ont fait les belles heures de la fiction sur petit écran. Au détour d’une enquête, les Bleus vont croiser la route de Pierre Maguelon (Terrasson dans Les Brigades du Tigre), Philippe Laudenbach, Patachou, Claude Brosset (dont ce fut le dernier rôle), Edgar Givry (qui prête entre autres sa voix à Richard Dean Anderson) et Françoise Bertin (qui fut une admirable Mme de Villeparisis  dans À la recherche du temps perdu de Nina Companeez). En résumé, il est impossible de ne pas s’attacher à cette série qui ne cesse de surprendre, comme avec cette scène où un petit malfrat avoue lire Pélerin Magazine, et qui véhicule une philosophie de la vie touchante, naïve et poétique, comme lorsque Kader, le meilleur ami d’Alex, s’exclame : « Kiffer, c’est aimer… mais en pire ».

Christophe Petit

Mise en ligne : mercredi 22 janvier 2014 / Révision : dimanche 3 août 2014

 

Quelques répliques cultes

Santamaria : « Qu’est-ce que vous êtes venus foutre dans la police ? Y’a plus de place au cirque Pinder ? »

 

Alex : « Le coup de boule, c’est psychologique parce que c’est fait avec la tête. »

 

Alex à Santamaria, à propos d’un ripou : « Je suis sûr qu’il fait partie d’une triade. Ils infiltrent tout, les ministères, la police. Vous z’avez pas vu La Vengeance des fils de l’Or du vent ? C’est un pur DVD. Je vous le prête, moi hein. »

 

Alex : « Ça me soûle de surveiller des clandestins. Tu me vois arrêter le père de Kirikou ? »

 

Alex, à propos d’une cuvette de WC peu ragoûtante : « Faut faire quelque chose pour les chiottes. C’est Amityville. Ils sont possédés. »

 

Alex aux infirmiers pendant qu’on emmène Amy sur un brancard : « Vous la mettez dans un bon hôpital, hein ! Pas un truc pourri. Je veux une chambre avec l’eau, l’électricité et la télé. »

 

Santamaria (furieux) à Alex et Lyes : « Vous êtes dans la police, c’est sérieux. Alors si vous voulez faire marrer les touristes, vous allez chez Michou ! »

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Alex (à propos de clandestins qui se sont échappés, alors que c’est lui qui leur a ouvert la porte du fourgon) : « Ils ont forcé la portière au fond. C’est ça aussi d’acheter français. Vous imaginez si j’avais transporté quelqu’un de plus dangereux, genre Hannibal Lecter ? Je serais en carpaccio à l’heure qu’il est. »

 

Dans l’épisode pilote, Kévin et Alex se rendent chez une vieille dame (interprétée par Patachou).

Alex : Je vais vous poser quelques questions, rapport au cambriolage que vous nous avez signalé. Bon, cette fois, par rapport à l’ancien cambriolage, ils étaient combien ?
Mme Irène : Oh, ils étaient au moins cinq.
Alex : Cinq cambrioleurs ?
Mme Irène : Ou trois… Je me souviens pas vraiment… Ils étaient huit.
Alex : … On reste sur huit ?
Mme Irène : Bien sûr, on reste sur huit.
Kévin : Et à part ça, ils vous ont volé quoi ?
Mme Irène : Ben rien, justement. C’est ça qui est incroyable !

 

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Comment regarder
Les Bleus, premiers pas dans la police ?

 

Il faut regarder les épisodes dans l’ordre.

Le personnage de Lyes Beloumi, absent de la saison 3, est de retour dans la 4.

 

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Y a-t-il une fin ?

Oui et non. Oui, car le destin d’un des personnages bascule (pas forcément pour le pire) et non car, après tout, la vie continue pour les autres… Malheureusement, faute d’audience, M6 a arrêté les frais à l’issue de la saison 4. Peut-être aurait-il fallu que la chaîne soigne un peu plus sa programmation. Elle a, par exemple, stoppé la diffusion de la quatrième saison en plein milieu et attendu de long mois avant de diffuser la poignée d’épisodes restant.

 

Temps forts et temps faibles de la série

Il n’y en a pas vraiment. Les départs de certains personnages sont toujours compensés par l’arrivée de nouveaux aussi attachants et maladroits que les précédents. Les situations et les dialogues demeurent aussi drôles du début à la fin.

 

À quel public s’adresse-t-elle ?

La série, en se focalisant tour à tour sur les Bleus, leurs supérieurs, les intrigues policières, leur famille, leur vie privée, est d’une remarquable homogénéité. Elle est donc susceptible d’intéresser tous les publics. C’est justement le point fort des Bleus.

 

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Où voir
Les Bleus, premiers pas dans la police ?

 

À la télé : Actuellement sur Série Club et Numéro 23.

DVD : L’intégralité de la série est disponible en DVD.

 

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Fiche technique
des Bleus, premiers pas dans la police (suite)

 

Produit par Thomas Anargyros, Edouard de Vésinne

Producteur exécutif : Frédéric Bruneel

Musique : Fabrice Aboulker, Pascal Stive. Chanson du générique : No Tomorrow par Orson.

Production : Cipango pour M6

 

Distribution

les-bleus-dans-la-police-serie-tv-11-200pxÉlodie Yung : Lieutenant Laura Maurier (ép. 1.01 à 4.02)

Mhamed Arezki : Lieutenant Lyes Beloumi (saisons 1, 2, 4)

Nicolas Gob : Lieutenant Kévin Laporte

Gabrièle Valensi : Lieutenant Nadia Poulain (saisons 1, 2)

Raphaël Lenglet : Lieutenant Alex Moreno

Antoine Hamel : Christophe Lecomte (saisons 3, 4)

Gina Djemba : Amy Sidibé (saisons 3, 4)

Lizzie Brocheré : Elina Volkova (saison 4)

Luc Thuillier* : Capitaine Louis Franchard

Jean-Michel Fête* : Capitaine Étienne Duval

Patrick Catalifo : Commissaire Daniel Santamaria (saison 1, ép. 4.02)

Clémentine Célarié* : Commissaire Nicole Mercier (saisons 2, 3, 4)

Mathieu Delarive : Capitaine Yann Berthier

Alexandre Hamidi : Kader

Guillaume Gouix : Marco

* Ces trois personnages intègrent le générique d’ouverture pour la saison 4.

 

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Épisodes
des Bleus, premiers pas dans la police

 

2006

Épisode pilote (1h42)

 

Première saison (2007)

1   1.01   Dommage collatéral

2   1.02   Une vie de chien

3   1.03   Fantôme du passé

4   1.04   Hôtels particuliers

5   1.05   Les yeux fermés

6   1.06   Retour de flammes

7   1.07   Otages

8   1.08   Faux-semblants

9   1.09   Rien ne va plus

10   1.10   Infiltration

11   1.11   Enquête interne (1re partie)

12   1.12   Enquête interne (2e partie)

 

Deuxième saison (2009)

13   2.01   Derrière les barreaux

14   2.02   Nouveau départ

15   2.03   Jeux dangereux

16   2.04   Alerte enlèvement

17   2.05   Devoir de mémoire

18   2.06   À bout portant

 

Troisième saison (2010)

19   3.01   Un voisin encombrant

20   3.02   Faillites collectives

21   3.03   L’envers du décor

22   3.04   Le passé retrouvé

23   3.05   Amour fou

24   3.06   À mains nues

25   3.07   La tentation d’Alex

26   3.08   Corps étrangers

 

Quatrième saison (2010)

27   4.01   Sur la touche

28   4.02   Une affaire de famille

29   4.03   Sexe, mensonge et vidéo

30   4.04   Un père et manque

31   4.05   Bijoux de famille

32   4.06   Chambre avec vue

33   4.07   24 heures presque chrono

34   4.08   À double tranchant

 

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